C’est la photographie qui ment car dans la réalité le temps ne s’arrête pas ! A. Rodin Antre / Temps Si le temps est calculable, il est par essence irregardable. Il nous défi/nit pourtant !  Munie de mon boîtier photographique, comment traduire et rendre visible cette expérience du  temps, de la dilatation de l’instant ? C’est à partir de ce questionnement que s’est tissé l’enjeu  de ce travail. Alors que le médium photographique nous permet d’objectiver le monde réel, en  quoi le temps photographique lui-même, deviendrait-il vecteur de déplacements, de pertes de  repères qui, en modifiant nos habitus perceptifs, nous interrogerait sur notre régime de vision ? En choisissant la mise en scène du corps comme surface d’inscriptions et le temps de pose  comme vecteur d’écritures de lumière, mes dispositifs visent à explorer la figuration de la durée  par la matérialisation du mouvement. Outre le choix du noir et blanc et des tirages en “négatif”  comme contrepoint, nous distanciant alors du réel objectif, c’est en jouant des limites de  l’iconicité inhérentes aux empreintes indicielles du processus que je donne à percevoir ce que  l’oeil ne peut voir dans notre réalité perceptive.  Par un dialogue qui s’instaure entre traînées lumineuses et décomposition du mouvement, entre  opacité et transparence ou entre dissolution formelle et graphisme de lumière pouvant  intensifier l’effet auratique jusqu’à l’aveuglement, la figure fragmentée, altérée, évanescente  ou dématérialisée semble autant soumise à une vivisection visuelle qu’à une métamorphose.  Un “antre” deux mondes chargé d’onirisme où vraisemblance et dissemblance se confrontent.  Un “ça a manqué” à la vue qui, tout en contrebalançant le “ça a été” barthésien, se doterait  d’une “inquiétante étrangeté” laissant le spectateur dans l’ignorance de ce qu’il perçoit en  apparence. Série de photographies en noir et blanc tirées sur papier barythé. Dimensions variables - 30 x 30 cm pour les formats carrés - MAJA